BIEN PRÉPARER L'ORAL DE L'EAF

Fiche remise à jour le 06 -01-2006, avec l'aide de M. Cavalli, en fonction des modifications proposées par le B.O. du 2 janvier 2003. 
 
 
 
GÉNÉRALITÉS
  • L'importance d'une bonne maîtrise de la prise de parole.
  • - La nouvelle formule de l'examen est censée empêcher le candidat de réciter un discours appris par cœur à propos d'un texte et l'obliger à mieux tenir compte des attentes de l'examinateur...
  • La nécessité de participer à l'oral en classe.
  • - C'est pendant toute sa scolarité qu'on se prépare : refuser de prendre la parole en classe, rester passif et se contenter de prendre des notes n'est pas de bon augure. Il faut participer en classe afin d'acquérir une certaine aisance face à un interlocuteur et d'améliorer progressivement la qualité de la langue parlée quand elle est mal contrôlée (respect nécessaire  d'un certain niveau de langue... qui ne pourra pas être improvisé le jour de l'examen).
    - Il faut apprendre à écouter (l'examinateur attend une analyse et une réponses précises) et à intervenir en classe pour réinvestir les connaissances acquises, faire le lien entre l'explication donnée à propos d'un texte ou d'une oeuvre et un autre document, pour proposer une interprétation personnelle au sujet d'un fait de langue, d'une expression, etc.
    - Le seul souci à avoir au moment de l'épreuve concerne l'analyse du texte donné par rapport à la question donnée.
  • La nécessité de s'entraîner.
  • - L'oral est une épreuve à la durée strictement limitée : 10 minutes pour analyser un texte et 10 minutes pour un entretien ! Il y a peu de place pour les retours en arrière, les hésitations, les modifications de jugement. Il faut s'entraîner à aller vite à l'essentiel, contrairement à l'écrit. Les exercices en situation réelle permettent de s'habituer au respect de ces contraintes et font rapidement apparaître quelques défauts de méthode faciles à corriger ultérieurement.

LE TRAVAIL DE PRÉPARATION : CONSEILS PRATIQUES

  • Bulletin de passage et découverte du texte et de la question proposée.
  • - L'expérience montre que beaucoup d'élèves partent préparer leur épreuve (30 minutes réglementaires) sans avoir vraiment compris l'ensemble ou certains détails de la question donnée. Beaucoup de choses se jouent dès ce moment : il ne faut pas hésiter à demander à l'examinateur, en cas de doute, une explication de la question. Après, il sera trop tard. Il faut donc se méfier des mots que l'on croit comprendre et dont on n'a qu'une vague idée.
    - La question se réfère toujours à un objet d'étude imposé par les programmes : il faut avoir cette idée constamment présente à l'esprit. En effet, comme il ne s'agit plus de réciter un cours, il faut bien analyser la question donnée pour voir ce qu'il va falloir rechercher et analyser dans le texte en fonction de l'objet d'étude concerné.
    - La meilleure solution, à ce moment-là est de reformuler avec un autre vocabulaire cette question sur la feuille de brouillon (du temps sera ainsi gagné pour la présentation du texte et de la question, en début d'oral) : en cas d'échec, il faut reprendre l'analyse de la question, jusqu'à ce que le "champ" de la recherche à faire soit bien délimité... 
  • Les recherches sur le texte.
  • - Se remémorer ce qui a été expliqué en classe pour voir ce qui est directement exploitable ou non. Il serait exceptionnel que les lectures analytiques et les recherches faites en classe ne puissent en rien servir au moment de l'oral.
    - Mais cette aide risque de n'être que partielle : il faut compléter de soi-même les recherches, trier les informations déjà connues, recomposer une analyse selon la question et le texte donnés. C'est cette capacité à réinvestir les connaisances et les méthodes, à les adapter à un texte non expliqué en classe (dans le cas de l'extrait d'une œuvre intégrale) ou à une question inattendue qui fera la qualité de l'analyse.
  • Ne pas rédiger l'analyse !
  • - Certains candidats rédigent tout leur commentaire pour le lire ensuite : généralement l'exposé ne dure que trois ou quatre minutes au lieu des dix prévues... Et l'examinateur a la désagréable sensation de ne pas participer à un oral !
    - Pendant la recherche, noter sous forme de liste, en style télégraphique, les idées essentielles et, pour les appuis sur le texte, enregistrer les lignes (numéroter celles-ci en premier si ce n'est déjà fait sur la feuille polycopiée) et souligner ou surligner de couleurs différentes les expressions à citer (indiquer le "code" des couleurs en haut de la feuille pour éviter le trou de mémoire). Quand les recherches et les relevés ont été faits, vérifier que les idées retenues constituent bien une réponse claire à la question donnée !
    - Si oui, chercher la progression de l'exposé des idées, le plan synthétique (en général, deux parties, trois au maximum  : au-delà, le contenu de chaque partie serait trop superficiel). Noter ce plan sur une partie à part du brouillon (ou sur une autre feuille) en numérotant précisément chaque partie, voire chaque sous-partie, et en notant le lien logique qui les unit, la transition. Il suffit de reporter ensuite ces numéros sur la liste en désordre des idées relevées au début. Pendant l'exposé, il suffira de repérer les titres et numéros du plan, d'aller chercher les idées et les références des exemples sur la liste initiale et de parcourir avec ces informations le texte pour citer les exemples.
    - A ce moment, il est possible de rédiger à part la présentation, l'introduction brève de l'étude du texte (car cette partie est assez "technique") : ne pas se "réfugier" derrière de longues considérations biographiques et encyclopédiques qui prendront vite la moitié des 10 minutes imparties ! Il suffit d'annoncer le titre et le thème de l'oeuvre et/ou de l'extrait (avec la date si possible : cela fait partie du travail de préparation pendant l'année scolaire) et le nom de son auteur ; le genre auquel il appartient ; la place qu'occupe l'extrait dans l'oeuvre (sa situation), s'il s'agit d'un extrait d'une oeuve intégrale. >>>> lire un exemple d'introduction. Rédiger enfin la conclusion. >>>> lire un exemple de conclusion.
  • La préparation à l'entretien.
  • - C'est votre aptitude au dialogue littéraire qui va être évalué. Encore une fois, la meilleure préparation est celle de la classe. L'examinateur propose un dialogue, évalue la capacité à écouter les questions, à les analyser, à argumenter en s'appuyant sur une culture personnelle et sur tout ce qui a été fait en classe ou non pendant l'année scolaire : il faut donc pouvoir faire référence aux textes étudiés, lus, commenté pendant l'année et éventuellement les citer. Vous pouvez avoir sous les yeux, pendant pendant l'entretien, tous les documents complémentaires, les polycopiés du groupement de textes, les oeuvres lues, individuellement, en lecture cursive... pour chercher des éléments de réponse.

PENDANT L'ORAL : CONSEILS PRATIQUES

  • Relire la fiche sur l'évaluation du commentaire. Les principes, en ce qui concerne la manière d'aborder l'explication du texte, sont les mêmes... seule la situation est différente.
  • Annoncer en début d'explication la méthode suivie.
  • - Explication analytique, linéaire (au fil du texte) : cette démarche est plus adaptée aux textes courts. Mais il faut alors être certain de ne pas rapidement tomber dans le défaut majeur de la paraphrase.
    - Explication synthétique : les éléments de la réponse à la question posée sont regroupés en thèmes différents. Ne pas hésiter ensuite, au fur et à mesure de l'explication, à rappeler la progression choisie : l'examinateur se concentre parfois sur un détail et oublie la logique de votre démarche.
  • Émotion et situation de "blocage".
  • - Un moment de panique peut concerner tout candidat... Ne pas se trouver alors exceptionnel et se dire que toute l'épreuve orale est "fichue". Respirer un grand coup... rend parfois bien des services !
    - S'il s'agit bien d'un excès d'émotivité, l'examinateur aidera automatiquement l'élève à prononcer le mot sur lequel il bute (ou à en trouver un synonyme), à enchaîner sur une autre partie de la lecture analytique (quitte à l'inviter plus tard à revenir sur l'idée qui fait problème).
  • Des attitudes à proscrire.
  • Si l'examinateur essaie de faire la part entre l'émotion naturelle du candidat et ses lacunes, il ne faut pas lui compliquer la tâche en faisant tout pour le faire pencher plutôt du côté de l'impréparation et des insuffisances. Certaines attitudes sont donc à proscrire, comme...
    - Commencer par affirmer que la classe (donc l'examiné en particulier) n'a rien pu faire pendant l'année à cause du professeur qui... etc. Sans commentaires !
    - Prévenir l'examinateur qu'on est nul en français ; qu'on n'a rien compris à ce texte "bien trop difficile pour un élève de première", comme l'a dit le tonton ou la tante Machin(e) qui justement est aussi professeur de français... Sans commentaires ! L'examinateur préfèrera vérifier de lui-même...
    - Demander d'emblée une aide méthodologique qui prouverait qu'on ignore tout de l'oral de l'EAF : « Bon... j'y vais ? Il faut aussi présenter le texte ? Ah bon ? Il fallait lire le texte ? »
    - Arriver sans les textes, les documents nécessaires...
    - Poser des questions à l'examinateur pour vérifier qu'il acquiesce à ce qui est dit. Celui-ci ne devrait pas avoir à intervenir pendant cette partie de l'oral !
  • La lecture du texte.
  • - Quand ? Plusieurs "écoles" sur ce sujet et beaucoup de candidats, encore sous l'émotion du début de l'épreuve, qui oublient de lire si l'examinateur ne les y invite pas ! Certains examinateurs l'attendent après la présentation du texte et du plan d'étude, donc pratiquement à la fin de l'introduction, juste avant l'analyse du texte. D'autres trouvent plus logique de la placer entre la présentation du texte et l'annonce du plan, des thèmes traités : cette annonce semble alors mieux confirmer le contenu, suivre plus logiquement la découverte du texte lui-même...
    - Donc, n'hésitez pas à annoncer votre méthode : "Je vais d'abord introduire le texte, puis je procéderai à la lecture".
    - Ne pas négliger cette partie de l'oral ! Elle n'est pas accessoire et permet déjà de vérifier, en plus des qualité de diction, si le texte est bien compris ! Elle joue donc un rôle important dans l'appréciation de votre prestation.
  • Au moment de conclure.
  • - Sans le dire ouvertement, après avoir récapitulé les principaux éléments de la lecture analytique, ouvrir progressivement des perspectives vers la question donnée pour l'entretien, en montrant que le texte qui vient d'être expliqué est un élément intéressant de réponse à cette question...

    Y. Gouraud.

     

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