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RÉCIT
: LES PAROLES RAPPORTÉES
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- LE
DISCOURS DIRECT (ANCRÉ DANS LA SITUATION D'ÉNONCIATION)
Il est censé reproduire
littéralement les paroles qu'un personnage a prononcées. Il introduit une rupture
avec la narration ou l'argumentation dans lesquelles il est inséré. On peut
facilement l'identifier par :
- Des marques typographiques
spécifiques : deux point après le verbe introducteur (exprimant la pensée,
l'intention, le point de vue du locuteur) et discours encadré par des guillemets.
Parfois, dans un dialogue : un tiret et pas de guillemets pour encadrer
les paroles. Dans le cas d'une citation, les guillemets peuvent aussi être
remplacés par le discours mis en italique.
- Un système particulier
des pronoms personnels et des temps verbaux : je / nous (locuteur) ; tu
/ vous (interlocuteur) ; il / elle / ils / elles = celui / celle / ceux
/ celles dont on parle. Les temps verbaux sont ceux de l'énonciation au
moment où la parole est produite.
- Une ponctuation expressive.
- Ses effets : spontanéité
du discours oral ; présence accrue du personnage qui révèle ainsi son caractère
; authenticité donné au récit ; dynamisme de la narration.
LE
DISCOURS INDIRECT (COUPÉ DE LA SITUATION D'ÉNONCIATION)
Il rapporte indirectement
des paroles prononcées en les subordonnant à un verbe introducteur (verbe déclaratif
de parole ou de pensée). Il s'insère sans rupture dans la narration ou l'argumentation,
en transcrivant les propos avec plus ou moins de fidélité (ils sont reformulés).
Il ne recourt à aucun signe typographique spécifique et supprime l'expressivité
de la parole rapportée (pas d'intonation particulière). Il obéit à la règle
de la concordance des temps dans une phrase complexe. On l'identifie par :
- La conjonction de subordination
ou le pronom / adverbe interrogatif.
- La continuité entre
narration et discours rapporté.
- Les changements de
temps, de pronoms et d'indicateurs de temps et de lieu par rapport au discours
direct : le lendemain à la place de demain ; là à la place de ici etc.
- Ses effets : distanciation
par rapport au locuteur dont on rapporte les paroles. Moins de spontanéité
et d'authenticité par rapport au discours direct : le narrateur porte ainsi
l'entière reponsabilité des propos qu'il rapporte.
LE
DISCOURS INDIRECT LIBRE
C'est un discours mixte
qui emprunte ses modalités aux discours direct et indirect : du discours direct,
il supprime les marques typographiques spécifiques (deux points et guillemets)
mais il retient le ton et les marques du langage oral (! ? et interjections).
Du discours indirect, il supprime les marques de la subordination mais retient
le mode d'utilisation des temps verbaux, des pronoms personnels et le respect
de la concordance des temps.
- Son originalité vient
de ce qu'on ne le rencontre qu'à l'écrit, surtout dans la narration (avec
laquelle il se confond souvent) : de ce fait, il est souvent difficile de
savoir si les propos rapportés appartiennent au narrateur ou à l'un des
personnages... ce qui crée des effets de polyphonie ! On peut l'identifier
par :
- Le ton et le rythme
différents qu'il introduit dans celui de la narration.
- Un niveau de langage
parfois distinct de celui de la narration.
- Une ponctuation expressive.
- Un changement de point
de vue.
- Ses effets : jeu de
focalisation, car la scène reçoit alors un éclairage d'un personnage distinct
du narrateur. Il renforce la présence du personnage dans la narration, ce
qui permet une caractérisation plus précise de celui-ci. Il crée des rapprochements
entre le narrateur et son personnage, car leurs voix se superposent ou se
mêlent. Le texte gagne en fluidité (les paroles rapportées sont mêlées avec
finesse à la narration, sans rupture de la continuité).
LE
DISCOURS NARRATIVISÉ
- Le discours rapporté
peur être transformé en narration : plus allusif que les autres systèmes
de paroles rapportées, partie intégrante de la narration elle-même, il résume
le sens général des propos tenus. On peut l'identifier par :
- Les verbes de parole
ou de pensée qu'il utilise.
- Son aspect de résumé.
- Ses effets : introduction
d'ellipses (les paroles secondaires sont passées sous silence) qui dévoilent
un point de vue et les choix narratifs particuliers. Des effets de rythme
: il permet une accélération, un resserrement de l'action sur l'essentiel.
Y. Gouraud
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