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LES
CHANSONS DE GESTE
- DÉFINITION
- «Geste»
vient de «gesta», mot qui signifie, en latin : «choses
accomplies» / «exploits».
L’accent de la Chanson de geste est donc mis sur l’action
(exploits guerriers de héros presque surhumains) à travers un long poème
épique,
en rimes assonancées*,
dont les vers décasyllabes (le plus souvent), regroupés en laisses*,
sont
psalmodiés
avec
accompagnement de la vielle.
- >>
Lire le corpus
et les TD sur le
registre épique.
ORIGINES
- L’ÉPOPÉE
ANTIQUE.
- - Au Moyen Age
notre littérature, comme en Grèce (cf. L'Iliade et l'Odyssée)
et en Italie (cf. L'Énéide) , commence par l’épopée dont le propre
est d’exalter par un récit descriptif les exploits merveilleux des héros.
- DEUX
ORIGINES CONTROVERSÉES.
- - Des
oeuvres collectives
rassemblant de courts poèmes lyrico-épiques primitifs (les «cantilènes»)
créés par le peuple à l’occasion de victoires ou de défaites.
- - Des
oeuvres individuelles :
les sentiments de l’honneur, de la prouesse, du patriotisme, auraient été
diffusés par les pélerins et les croisés ; des jongleurs*
de génie auraient mis en forme ces matériaux.
- N.B. Si la deuxième
origine est la plus couramment admise, en réalité, les deux explications
se complètent : les jongleurs ont bien utilisé les légendes et écrits antérieurs.
LES
OEUVRES
- LES
CYCLES :
on regroupe, par commodité, ces oeuvres autour de trois «cycles» :
- - Le cycle de Charlemagne,
avec la chanson de geste la plus célèbre : la
Chanson de Roland.
(>>
images)
- - Le cycle de Guillaume
d’Orange.
- - Le cycle de Renaud
de Montauban.
- LA CHANSON
DE ROLAND :
fait historique : surprise d’une arrière garde française, commandée par
le comte Roland, dans la vallée de Roncevaux. Des montagnards basques écrasent
les chevaliers sous une pluie de rochers et restent impunis. Dans la Chanson
de geste, Roland devient le neveu de Charlemagne avec, à l’arrière garde,
les douze pairs de France et vingt mille chevaliers. La défaite est due
à la trahison de Ganelon. Les ennemis sont des Sarrazins. Charlemagne aura
une vengeance éclatante.
LA
TONALITÉ ÉPIQUE ET SES THÈMES RECURRENTS
- LE STYLE.
- - L'emphase
: qui dit héros surhumain, dit style noble, très soutenu, voire sublime.
Nombreuses images frappant l’imagination. Nombreuses hyperboles,
répétitions et anaphores.
Récit au présent
de narration.
Dialogues : style de l’éloquence.
Visions
merveilleuses et symboliques.
Psychologie du héros central simplifiée à l’extrême : il n’est que la représentation
d’un type, d’un idéal.
- LES
THEMES RÉCURRENTS
- - L’honneur
féodal, familial,
la fidélité
du vassal,
le respect de la grandeur
nationale ou de l’humanité,
la piété.
Lutte
entre le Bien et le Mal
et, bien sûr, les
exploits
guerriers.
- PROLONGEMENTS
- - Ce sont là les caractéristiques
de presque toutes les épopées, ce qui signifie que le mot «épique»
caractérise aussi bien un registre (tonalité) qu’un esprit : on peut
qualifier d’«épique» bien des textes qui ne sont ni des épopées ni des chansons
de geste. Ainsi, ce style plus ou moins modifié va se retrouver, par exemple,
dans des oeuvres du XVIe (Ronsard), du XVIIe (Boileau) ou du XIXe siècle
- qui sera le grand siècle de l’épopée et de la redécouverte du Moyen Age
(avec Hugo, Zola même, etc.).
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- NOTES
- - Rimes
assonancées :
seule rime la dernière voyelle accentuée, même suivie d’une consonne différente.
- - Laisses
: strophe
ou tirade d’un grand poème, en général sur une seule rime ou assonance,
qui sert de couplet dans une chanson de geste.
- - Jongleur
: au départ,
le jongleur va ça et là réciter des vers ou des contes en s’accompagnant
d’un instrument. Plus tard, certains composèrent eux-mêmes et devinrent
donc trouvères (dans le nord) ou troubadours (au sud). Le ménestrel se disait
de tout homme qui allait de château en château pour réciter, chanter ou
jouer d’un instrument : le jongleur est donc aussi une espèce de ménestrel
(dès le XIVe siècle, ce dernier ne sera plus qu’un musicien, appelé plus
tard ménestrier).
- - Vassal
: homme
lié à un suzerain par un serment de fidélité et une obligation d’hommage.
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