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LE
ROMAN D'APPRENTISAGE
On l’appelle aussi roman
d’éducation ou de formation
: non seulement le personnage réalise une ambition et accomplit un trajet mais
il devient un individu. Ce trajet romanesque aboutit à l’intégration, et, idéalement,
à l’harmonie entre l’individu et la société, ou à l’accomplissement de celui-là
dans celle-ci.
BREVE
HISTOIRE DU GENRE
- On peut le faire remonter
au roman de chevalerie médiéval, voire au conte populaire, où les héros
doivent subir certaines épreuves. On peut même penser au Gargantua
de Rabelais (XVIe), au Don
Quichotte
de Cervantès (XVIIe)ou au roman picaresque (XVIe en Espagne, XVIIIe en France).
Au XVIIe, Télémaque
de Fénelon ; au XVIIIe, des contes philosophiques de Voltaire comme Candide
ou l’Ingénu,
des romans comme La
Vie de Marianne
de Marivaux, Jacques
le Fataliste
de Diderot, Les
Confessions
ou La
Nouvelle Héloïse
de Rousseau, montrent clairement comment le narrateur / auteur s’est formé.
- Mais ce genre va s’imposer
essentiellement au XIXe, à l’époque romantique (par l’influence, dès la
fin du XVIII , de l’écrivain allemand Goethe, qui met au point le genre
avec Les
années d’apprentissage de Wilhelm Meister,
roman pour lequel l’écrivain écrira une suite) : la Révolution a bouleversé
les structures sociales et rendu plus évident le conflit entre l’individu
et la société, société où il faut faire son chemin par tous les moyens :
- « Le roman d’éducation
[...] suppose, avec des variantes quant à la présentation et à l’organisation
du récit, un jeune homme, un parcours social, un initiateur. Le jeune homme
est la figure nouvelle depuis la révolution bourgeoise, et la relève des
générations, de l’ardeur et de l’aptitude à vivre. Le parcours social est
la société nouvelle qui se développe et se relève. L’initiateur est l’être
d’expérience et d’avenir qui déniaise, fournit des recettes, indique des
chemins de traverse, propose un pacte, trouve, plus ou moins, un écho dans
la conscience du jeune homme, incarne finalement ses tentations secrètes
et l’aide à faire le bond de l’inconscience à la conscience, de l’innocence
à l’entreprise. Jeune homme, parcours social, initiateur ne sont pas des
réalités simplement rapprochées par artifice ou magie dans l’oeuvre littéraire
: toutes trois font partie du réel, sont le réel. [...]
- Le roman d’éducation
est le roman de l’individu emporté, happé, par un réel en devenir, en même
temps que le roman des avortements ou chocs amortis successifs au travers
desquels fait naufrage une idée du monde, en même temps que peut-être, douloureusement,
et au moins pour le lecteur, s’en forge une nouvelle. » Pierre Barbéris,
Le Monde
de Balzac,
1971.
- Le genre va se prolonger,
bien sûr, au-delà du XIX : par exemple, Jean-Christophe
de Romain Rolland, Les
Thibault de
Roger Martin du Gard, Le
Hussard sur le toit
de Giono, Anicet
ou le panorama
d’Aragon et, plus récemment, L’Étudiant
étranger
de Labro sont aussi, sous des formes e diverses et dans un contexte social
et historique différent de celui du XIX , des romans de formation. Tout
roman n’est-il pas d’ailleurs, d’une certaine manière, roman d'apprentissage,
puisqu’il vise à peindre l’âme et la vie dans une durée sans limites, sans
les contraintes formelles d’un genre comme le théâtre?
ANTHOLOGIE
(PARTIELLE) POUR LE XIXe SIECLE
- - Constant : Adolphe.
- - Fromentin : Dominique.
- - Musset : La
Confession d’un enfant du siècle.
- - Balzac : Les
Illusions perdues ; Le Lys dans la vallée ; le Père Goriot...
- - Stendhal : Le
Rouge et le Noir ; La Chartreuse de Parme ; Lucien Leuwen.
- - Flaubert : L’Éducation
sentimentale.
- - Maupassant :
Bel-Ami.
QUELQUES
THEMES DE RÉFLEXION
- - Roman et Romantisme.
- - Quelle société,
quel cadre?
- - Situation initiale
/ Situation finale.
- - Un roman de l’échec
?
- - Le héros type
/L’initiateur : portraits, rapports.
- - Les étapes de
l’apprentissage.
- - Quelle(s) initiation(s)
?
- - La part autobiographique.
- - Le roman de la
confession.
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