LE THÉÂTRE AU MOYEN ÂGE

LE DRAME SACRÉ

  • ORIGINES
  • les pères de l’Église avaient condamné le théâtre, mais, comme en Grèce, celui-ci va être paradoxalement le fruit de l’esprit très religieux du Moyen Age : le besoin de toucher un public frustre fit évoluer certains aspects des rites catholiques vers la représentation d’épisodes de l’histoire sainte. Quand ces spectacles vont avoir pris une grande importance, au milieu du XIIIe siècle, les représentations n’auront plus lieu dans l’église, mais sous le porche de celle-ci et en langue romane.
  • LES GENRES
  • - Les miracles :
    Pièces tirées de la vie des saints ou de la légende de la sainte Vierge. Mise en scène de situations humaines, intéressantes pour les détails sur la société et les moeurs de l’époque. Exemples :
    - Le Jeu de saint Nicolas de J. Bodel (XIIIe).
    - Le Miracle de Théophile de Rutebeuf (XIIIe) : Théophile a vendu son âme au diable et en éprouve des remords ; il prie la Vierge qui parviendra à arracher à Satan la charte fatale.
    - les Miracles Notre Dame (XIVe).
    - Les mystères :
    Ce genre va dominer au XIVe siècle. Les oeuvres sont inspirées par la passion du Christ. Oeuvres gigantesques : plusieurs jours pour les jouer (parfois 200 personnages), décor et machinerie importants : sur la scène sont juxtaposées de petites constructions («mansiones») qui figurent en réduction les différents lieux de l’action. Le décor est donc «simultané». Ces pièces sont jouées par des confréries de clercs, d’étudiants, d’artisans. Exemple :
    - Le Mystère de la Passion d'Arnoul Gréban.
    L’abus des confusions entre le sacré et le profane conduira à l’interdiction de ces spectacles en 1548.

THÉÂTRE PROFANE ET COMIQUE

  • ORIGINES INCERTAINES
  • Il n’y a pas de trace de l’imitation des comédies de l’antiquité. Ce théâtre serait né vers le milieu du XIIIe siècle des intermèdes les plus bouffons du théâtre religieux, de genres traditionnels comme la «pastourelle» (petit poème à couplets dialogués entre un chevalier et une paysanne). Exemple :
    - Le jeu de la Feuillée d'Adam de la Halle.
  • LES GENRES COMIQUES DU XVe

Au XIVe siècle, il y a une véritable éclipse du théâtre comique, alors qu’il triomphe au milieu du siècle suivant grâce à des confréreries de clercs et d’étudiants (les clercs de la Bazoche ; les Enfants sans souci). Coexistent quatre genres :

      - La sotie ou sottie : jouée par des «sots» ou «fous» : scènes bouffonnes, mais toujours satiriques.
      - Le monologue : un seul personnage dont les discours révèlent les travers.
      - La moralité : genre didactique, par l’emploi abondant des allégories, et assez ennuyeux...
      - La farce : le genre comique le plus durable. Recours aux thèmes et situations les plus universelles pour faire rire le plus vaste public : l’adultère, la filouterie etc. Ex. La farce du Cuvier ; La farce de Maître Pathelin (1464).