LE MOYEN AGE : CHRONOLOGIE

Période intermédiaire qui sépare l’Antiquité des Temps modernes.

La tradition fait commencer cet âge en 476, date de la chute du dernier empereur romain d’Occident, et le fait finir en 1453, quand les Turcs s’emparent de Constantinople... C’est-à-dire une longue période de presque mille ans ! Ce découpage est bien sûr artificiel : dix siècles ne peuvent pas constituer un bloc historique homogène. L’unité relative de cette période est le triomphe du christianisme, seule puissance morale capable de résister aux invasions barbares et à la dislocation politique et géographique créée par la disparition d’une administration impériale. Par commoditié on peut découper cet âge en trois grandes périodes :

 

LE HAUT MOYEN AGE

- 476 à 800 : Période obscure, de troubles : Invasions des Francs, Ostrogoths, Wisigoths et Vandales. Une première réunification est accomplie par Clovis, roi des Francs, qui se convertit au catholicisme en 496. Après lui, la puissance des mérovingiens diminue au profit des maires du palais : couronnement et changement de dynastie avec Pépin le bref en 754. La langue latine domine, mais des langues se dégagent progressivement du latin.

- 742-814 : La «Renaissance carolingienne» : Charlemagne, fils de Pépin, est empereur en 800. Réunification politique, restauration de la grandeur passée. Efforts culturels (écoles etc.).

- De 814 au XIe siècle : Après la mort de Charlemagne, nouvelle période obscure : l’empire est morcelé entre ses fils (traité de Verdun). Nouvelles invasions (Hongrois, Sarrazins et surtout Normands).

842 : premier document officiel en langue vulgaire : le Serment de Strasbourg prononcé par Louis le Germanique en faveur de Charles le Chauve.

 

L’ÉPOQUE FÉODALE : DU MILIEU DU XIe AU XIIIe SIECLE.

- Foisonnement de création : une langue maîtrisée et enrichie permet de s’exprimer : l’Ancien français. Développement des universités (Sorbonne : 1252), de l’art gothique. Éclosion de la littérature française :

    - Les chansons de geste,
    - Le roman et la poésie courtoise,
    - Les chroniques historiques,
    - Le théâtre : miracles, mystères.

- Naissance d’une civilisation fondée sur l’alliance de la foi chrétienne, de la chevalerie et des institutions féodales : le « vassal », par l’« hommage » et la « foi », s’engage auprès d’un seigneur, son « suzerain » ; il reçoit un « fief », une terre dont il tire sa subsistance.

- Influence des Croisades (1096-1270) : elles sont aussi pour l’Église une tentative pour empêcher que la féodalité ne se déchire (car le système féodal ne permet aucun pouvoir central). Cette entreprise, coloniale avant l’heure, canalise les ambitions individuelles et exalte l’esprit chevaleresque.

 

LES CONVULSIONS DES XIVe ET XVe SIECLES.

- Temps du déclin : même si le pouvoir royal se renforce (Philippe le Bel : 1285-1314), le calcul politique l’emporte sur l’idéal chevaleresque.

- Ravages de la Guerre de Cent ans (1337-1453).

- Ravages de la Peste Noire et de la famine.

- En littérature, les genres traditionnels se maintiennent, mais avec beaucoup de formalisme (recours incessants à l’allégorie ; les jongleries verbales des rhétoriqueurs) et un esprit satirique plus développé.