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LE
CLASSICISME
ORIGINES
- LE «SIECLE
DE LOUIS XIV » :
1661-1715. Période de grandeur, de fastes, de calme relatif après l’agitation
de la
Fronde.
Pouvoir absolu. Mais ce qu’on pourrait appeler la
génération classique
ne durera qu’une vingtaine d’années, jusqu’à la Révocation de l’Édit de
Nantes (1685). A la cour, apparaît au milieu du siècle un
nouvel idéal, « l’honnête homme» : culture, distinction, mesure, galanterie,
élégance morale, origine sociale moins importante que la vraie noblesse,
celle du cœur : c’est pour lui qu’écrit le
classique.
- ÉLABORATION
DE LA DOCTRINE : LES THÉORICIENS. Elle
s’est étalée pendant la période baroque, entre 1630 et 1660.
- - Malherbe et Vaugelas
veulent fixer une langue encore trop incertaine, mais sur le modèle de l’élite
parisienne. Retour aux valeurs
du travail,
de l'ordre,
de la poésie considérée comme un métier.
- - Chapelain, en pillant
les textes d’Aristote (les modèles du beau sont chez les anciens), fixe
les règles de chaque genrelittéraire, en particulier celui de la tragédie.
- - Boileau
reprendra à son compte tout cet apport dans son Art
poétique.
- - Création de L’Académie
Française en 1635.
L'ESTHÉTIQUE
CLASSIQUE
- PRIMAUTÉ
DE LA RAISON :
en philosophie, Descartes
a fixé l’avènement du rationalisme. Dans leurs oeuvres, les classiques ont
un sens aigu de la puissance des passions, des sentiments ; mais ils cherchent
à y voir clair, à les dominer par un effort d’analyse. De même, il se méfie
de l’imagination (toujours trompeuse chez Pascal, folle du logis
chez Descartes), de la fougue créatrice de l’esthétique baroque : l’oeuvre
doit être lucide, le fruit d’une grande maîtrise ; y sera visible le bon
goût de l’artiste.
- UN ART
DE LA RÉSERVE :
cette lucidité, le classique doit l’appliquer
à son oeuvre et à lui-même.Le
style doit rester naturel,
exempt d’excès, de foisonnement, de beaux mots. Chaque mot à sa place. Dans
l’oeuvre, tous les détails doivent converger vers un seul but : il y a harmonie
dans l’ensemble et harmonie entre la pensée et l’expression. En théâtre,
les
trois unités sont
donc indispensables. Le style préfère donc
- la discrétion,
l’allusion, les effets de sourdine
(les litotes) célèbres chez Racine. Quant à sa personne, par souci d’universalité
et par principe religieux, l’artiste classique, en honnête homme, ne la
met pas en avant : le
moi est haïssable
(Pascal).
- L’IMITATION
DE LA NATURE :
quelle nature ? Pas celle des paysages ! Le classicisme exige une transposition
artistique : il
n’est pas un réalisme et rejette le laid, le bizarre ou le réalisme sociale.
La nature, est la nature humaine.
Le classique est un humaniste qui étudie l’âme humaine avant
de la transposer dans son oeuvre !
- LA SOUMISSION
A DES REGLES DE COMPOSITION : comme
l’honnête homme sait se soumettre à l’étiquette de la cour, l’écrivain classique
doit respecter les principes élaborés (puis durcis à l’excès !) par les
théoriciens.
- - Comme il recherche
un beau éternel, idéal, et donc moralement utile, il lui faut
imiter les anciens
qui ont déjà atteint la perfection.
- - La
vraisemblance
: c’est ce que le public croit pouvoir s’être passé (par ex. à l’époque,
les horreurs de la mythologie sont vraisemblables
- parce que familières
au public ! Le vraisemblable... n’est donc pas toujours semblable au vrai
! ). Mais cette règle tardive fut combattue par certains : si les héros
d’une pièce peuvent rarement, au nom de cette logique, ressembler au spectateur
capable, lui, de toutes les passions, des pires faiblesses, comment la tragédie
pourra-t-elle jouer son rôle de purgateur des passions (la «catharsis»),
puisque le spectateur ne pourra pas s'identifier au héros de la pièce ?
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Les bienséances
: ces règles, apparues vers 1630, sont morales (respect de la pudeur), techniques
(respect du caractère des héros dans l’ensemble de l’oeuvre), esthétiques
(refus du mélange des genres) : elles sont la mise en oeuvre de l’idéal
de l’honnête homme.
LIMITES
DU CLASSICISME
- LES
COURANTS DU DÉBUT DU SIECLE SE MAINTIENNENT :
- - Indépendance des
baroques comme Th. de Viau ou Corneille.
- - Le courant libertin
(la libre pensée), bien que davantage réprimé, exerce son influence, par
son scepticisme modéré, sur Molière et la Fontaine.
- INDÉPENDANCE
DES GRANDS CRÉATEURS :
les grands écrivains se montrent indépendants et prouvent souvent qu’on
peut réussir contre les règles
- (c.f. les vraisemblances).
Les «doctes» qui les appliquent sans génie ne réussissent pas; seul Boileau
connut le succès. Corneille et Bossuet restent baroques, Mme de Lafayette
est une «précieuse», et que dire des Pensées éparses de Pascal ?
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