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L'HUMANISME
ORIGINES
En latin, «
humanitas »
désigne la culture.
Au début du XVIe siècle, l’humaniste est donc l’homme
qui se livre avec passion à l’étude des textes antiques, par réaction contre
le Moyen Age
où l’enseignement ne se faisait plus directement à partir des textes de l’antiquité,
mais, selon une logique formelle et autoritaire, à partir de commentaires des
commentaires : on ne faisait plus appel à l’intelligence, mais à la mémoire
(cf. >>>> la scolastique). La transition entre le Moyen Age et la « Renaissance » humaniste
va se faire progressivement en France dès la fin du XVe siècle, en
grande partie grâce à l’Italie
où ce mouvement est né bien plus tôt (rôle de Pétrarque et de Boccace) : les
guerres d’Italie (Charles
VIII, Louis XII, François Ier) permettront des échanges et la diffusion en France
de l’esprit de la « Renaissance ».
LES
GRANDES ÉTAPES
- L’INITIATION
: 1470-1505.
- - Des français vont
en Italie et l’Université de Paris attire aussi des Italiens. L’humanisme
ne sort pas de l’université, des collèges ou de cercles. L’imprimerie
jouera un rôle essentiel pour la diffusion des idées.
- RECHERCHES
ET BATAILLES :
- - 1505-1530. Rôle capital
des philologues
(G. Budé, par ex.) qui étudient, enseignent, les langues anciennes. Rôle
de grands penseurs comme Érasme
ou Thomas More.
La « bataille » se livre entre ces représentants des idées nouvelles et l’Église
représentée par la Sorbonne. Taxée d’ignorance, celle-ci réagit en accusant
les humanistes d’hérésie, d’immoralité, de paganisme et, surtout, de complicité
avec les idées de « la Réforme » (ce qui est vrai au début, jusqu’en 1534).
- LES
VICTOIRES : 1530-1549 :
- - La vulgarisation
: création de bibliothèques
(celle de François Ier) - Création du «
Collège
des lecteurs royaux »
(1530) : les professeurs y échappent à la tutelle de la Sorbonne - De grands
professeurs (ex. Dorat à Coqueret) enseignent le latin et le grec dans des
collèges selon de nouvelles méthodes. Un symbole : les Jésuites ouvrent
à leur tour des collèges pour enseigner les langues anciennes.
- - La conquête du français
: Les idées humanistes se vulgarisent grâce aux traductions qui se multiplient
dans des formats commodes à utiliser ; la traduction devient même un genre
littéraire (Etienne Dolet) - Des
oeuvres littéraires nouvelles apparaissent : les contes de Rabelais ou de
Marguerite de Navarre, les poèmes de « la Pléiade ».
- - Un seul échec : l’«
évangélisme ».
Les humanistes voulaient montrer que la foi religieuse peut s’enrichir du
trésor des lettres anciennes par un effort de critique, par un retour à
l’esprit primitif de l’Évangile et la diffusion de la Bible. Mais au milieu
du siècle, à cause des troubles créés par «la Réforme» et du durcissement
des autorités de l’Église face à l’irréligion de quelques humanistes (Dolet,
Bonaventure des Périers), les humanistes, parfois divisés, se taisent. Depuis
l’affaire des «Placards d’Amboise» en 1534, les imprimeries sont suspectes
; des écrivains doivent s'exiler (Marot, Rabelais).
- DESTIN
DE L’HUMANISME EN FRANCE :
- - Après 1549, le goût
de l’érudition, le développement de la langue française continuent de triompher,
mais, à cause des guerres de religions, les humanistes se divisent et le
scepticisme fait son apparition (Montaigne).
PORTRAIT
DE L'HUMANISTE
- L’ESPRIT
HUMANISTE
- - Sentiment
d’une coupure radicale,
d’une ère nouvelle dans toute l’Europe : la « Renaissance ».
- - Ivresse de la nouveauté,
enthousiasme
semblable à celui du siècle des « lumières ».
- - Le
mépris du Moyen Age,
des « barbares » (qui refusaient la connaissance des langues anciennes) et
des « sophistes » (théologiens de cette époque à l’enseignement et aux méthodes
scolatiques sclérosés).
- - L’amour
des livres
: l’imprimerie devient un instrument indispensable : elle est « la dixième
Muse ».
- - Passion du travail
intellectuel, goût
de l’érudition.
- - Prosélytisme : par
l’esprit de vulgarisation et par l’enseignement, ce phénomème se veut cosmopolite
: on défend la « République des lettres ».
- LA MORALE
HUMANISTE
- - Le courage : l’humaniste
n’est pas un libre penseur, mais il sait vivre comme il le pense et accepter
les censures et les interdits.
- - L’épicurisme : refus
de l’ascétisme médiéval, goût des plaisirs délicats ; en sachant garder
la « juste mesure », on veut vivre selon la nature (grande confiance en la
nature humaine).
- - Politique prudente
: refus de la tyrannie, mais goût pour une monarchie modérée : idéal du
« bon prince ». L'humaniste, influencé par les troubles de son époque, prône
le pacifisme.
- - Religion : retour
aux sources de la foi (v. « l’évangélisme »). Esprit de tolérance.
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