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MOYEN
AGE : LA POÉSIE LYRIQUE
DÉFINITION
- «Lyrique» vient du
mot lyre, l’instrument de musique dont s’accompagnait l’aède grec lorsqu’il
psalmodiait des vers. Par lyrisme, il faut entendre ici toute poésie qui
repose essentiellement sur l’expression de sentiments personnels, intimes
(le plus souvent l’amour, presque absent dans les chansons de geste), même
si au Moyen Age ménestrels (poètes et musiciens qui chantaient leurs vers)
et jongleurs (poètes qui récitaient les chansons de geste) sont à la fois
poètes et musiciens.
LE
COURANT ARISTOCRATIQUE l’amour courtois
ou «fin’amor» (XIIe et XIIIe siècles).
- ORIGINES
: Naissance
dans la France du sud, puis du nord, d’un nouvel
art de vivre qui adoucit les moeurs de la société féodale.
Les riches seigneurs favorisent une vie de cour luxueuse, où se succèdent
fêtes et dépenses de prestige, où la femme prend une place prépondérante.
«Courtois»
signifie donc au départ raffiné,
élégant comme un homme de cour.
- LA FIN’AMOR
: Il ne s’agit
plus d’une simple élégance de comportement, mais d’un type nouveau de culture
et de vie, basé sur le culte de la femme. Les troubadours du midi vont les
premiers chanter, codifier même cette nouvelle attitude :
- - Nécessité
absolue de connaître l’amour.
- - Un
amour destiné à une femme mariée, choisie librement par le poète pour ses
qualités d’âme.
Il s’agit, avant tout, d’un amour platonique (par nécessité !), même si
la récompense
est souvent attendu par l’amant.
- - Une
femme de condition supérieure,
assimilée à un seigneur, à laquelle l’amant se voue totalement. Au début
du XIIIe siècle, après la croisade contre les Albigeois, ce sont les trouvères
du nord qui ont repris ces principes, en
établissant encore plus de distance entre l’amant et sa dame
(intégration de l’idéal chevaleresque à l’amour courtois).
- PRINCIPAUX
POETES :
troubadours : Guillaume IX d’Aquitaine - Marcabru - Jaufré Rudel -Bernard
de Ventadour. Trouvères : Chrétien de Troyes - Conon de Béthune - Thibaut
de Champagne.
- UN FAIT
DE CIVILISATION :
rayonnement de la fin’amor en Europe : on connaît et imite les poètes du
midi. Influence sur les autres genres : ex. le Roman de la Rose. Rayonnement
à travers le temps aussi, car toute notre conception occidentale des relations
entre hommes et femmes en a été marquée.
LE
COURANT BOURGEOIS (XIIIe
s.)
- A cet idéalisme aristocratique,
s’opposent quelques poètes originaires du peuple, comme Bodel, Muset et,
surtout, Rutebeuf
qui s’expriment à travers une poésie plus personnelle et satirique, plus
proche des réalités et de la précarité de la vie quotidienne.
- - Rutebeuf : jongleur
professionnel pratiquant tous les genres pour vivre. Il n’hésite pas à s’engager
contre l’excès de pouvoir de l’Église, contre la cupidité, l’hypocrisie.
L’aveu de sa détresse personnelle, de sa «povreté» préfigure Villon.
LA
POÉSIE LYRIQUE
: XIVe et XVe siècles.
- PROLONGEMENT
DE LA FIN’AMOR : Malgré
les troubles et les horreurs de cette période, l’amour courtois connaît
le même succès. Mais l’esprit a changé : on cherche d’abord dans cette poésie
un dérivatif : «la poésie n’est plus l’objet d’une élite, elle sert de divertissement
à l’élite» (Badel). Le poète n’est plus qu’un professionnel au service
d’un seigneur. On médite davantage sur la condition de l’homme : le lyrisme
de cette époque se rapproche alors de notre conception moderne de ce terme.
- ÉVOLUTION
DES FORMES :
on fige, en raffinant les techniques, des formes d’expression qui exigent
de plus en plus de virtuosité : ballades, rondeaux, chants royaux, virelais,
lais...
- LES
POETES :
- - Eustache
Deschamps
: il ajoute l’envoi aux
trois strophes de la ballade.
- - Charles d’Orléans
: grand seigneur, prisonnier en Angleterre après la défaite d’Azincourt
; puise une grande partie de son inspiration dans cette captivité.
- - François
Villon (1431-?)
: le poète
maudit !
d’origine humble, il connaîtra une vie errante, agitée. Sera condamné à
mort (Ballade
des pendus)
puis grâcié. Dans le
Testament,
il fait un retour sur lui-même, sur sa jeunesse perdue, sur la mort.
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