ELABORER UNE FICHE DE SYNTHESE

DU RÉALISME AU NATURALISME

 

BÉNAC : DICTIONNAIRE DE LA DISSERTATION

  • Toute forme d'art qui se refuse à idéaliser le réel et cherche au contraire à reproduire l'objet tel qu'il est. En ce sens, il n'y a pas de réalisme absolu, car la nature ne saurait jamais être reproduite qu'à travers le tempérament de l'artiste.
  • Spécialement : la doctrine littéraire de certains écrivains, vers 1850 Murger, Champfleury, les Goncourt et, en partie, Flaubert). Histoires réelles, vécues, tirées de faits divers, d'une documentation historique très poussée ; personnes ordinaires, aux sentiments vraisemblables, ou personnages vrais ; peinture minutieuse du milieu et du physique des personnages ; style impersonnel et objectif.

 

DOCUMENTS FRANCE

  • Le réalisme qui prend naissance avec Champfleury, dans la «bohème» de Murger (aux environs de 1850) correspond a un sursaut du besoin de vérité inné chez l'homme :
  • -contre le romantisme idéaliste ;
    -contre « l'art pour l'art » qui isole l'homme de l'humanité ;
    -il correspond enfin à un besoin de solidarité avec l'évolution sociale.
  • Si l'on considère l'ensemble du mouvement, il est possible de distinguer dans son évolution : une période affective (1848-1868) : le réalisme. Une période de lutte méthodique autour d'un homme, Zola, et d'un embryon d'école, le «groupe de Médan » (1868-1887). Le réalisme qui s'érige en naturalisme se durcit et se systématise. Il triomphe mais exagère : d'où une période d'éclatement, après le «Manifeste des cinq» (1887), où chacun reprend sa liberté.
  • L'école a avorté, ses idées ont triomphé et tout un courant de littérature contemporaine en est imprégné ; devant la vie contemporaine, l'essentiel n'est-ce pas (à l'exemple de la photographie, miracle nouveau) de peindre honnêtement ce que l'on voit, là ou l'on vit. Le lecteur a besoin de vérité et de modernité. Exprimé dans l'art et le roman (le théâtre intéresse encore peu les techniciens), le réalisme aura comme premier devoir de se refuser à l'imaginaire : le peintre Courbet, racontait Maupassant, disait devant une « Sainte Famille » que lui montrait un confrère : « c'est très beau ça. Vous les avez donc connus ces gens-là, que vous avez fait leur portrait ? » Il aura donc pour tâche de peindre sincèrement la réalité immédiate.

 

BÉNAC : GUIDE DES IDÉES LITTÉRAIRES

  • L'attitude naturaliste : pointe extrême de la tendance qui consacre l'art au vrai plutôt qu'au beau mais ce vrai est relatif, déterminé par certaines circonstances, et différent du vrai que conçoivent les classiques.
  • En théorie, attitude du réalisme, mais avec en plus, un parti pris scientifique : déterminisme du moral par le physique, l'hérédité, le milieu ; les hommes sont considérés et étudiés comme des choses ; les caractères de l'espèce prédominent sur la personnalité individuelle ; l'écrivain doit classer les divers exemplaires de la zoologie humaine, dégager des lois scientifiques (ex. celles de l'hérédité) au lieu de défendre des idées morales. Chez Zola, théorie du « Roman expérimental » :
  • 1° un fait social ou individuel suggère une observation ;
    2° le romancier invente une situation qui constitue l'hypothèse ;
    3° il y fait mouvoir ses personnages pour montrer que la succession des faits y sera telle que l'exige le déterminisme des phénomènes mis à l'étude (expérience).
  • Mais, malgré son souci d'objectivité, le romancier invente toujours plus ou moins les actions de ses personnages : peut-on donc parler d'expérience scientifique ?
  • D'où documentation du romancier : faits divers, histoires vécues, milieux réels etc., personnages ordinaires, physiologiques, instinctifs plus que psychologiquement individualisés, variétés d'une espèce se développant dans un milieu ; importance de l'étude des milieux (mine, Bourse, etc.) ; description des choses matérielles, physiques ; détails même répugnants, s'ils sont vrais ; langage parlé, etc.
  • Ce que le naturalisme peut avoir d'absolu est toutefois tempéré :
  • 1. par le tempérament propre du romancier : ex. la sensibilité de Daudet, la folie de Maupassant ;
    2. ses vues philosophiques : pessimisme de Maupassant, matérialisme de Zola ;
    3. ses vues sociales : socialisme de Zola ; pacifisme ;
    4. sa vision esthétique du monde : ex. le tempérament épique de Zola.

 

MAUPASSANT : Préface de PIERRE ET JEAN

C'est cette vision personnelle du monde qu'il [l'artiste] cherche à nous communiquer en la reproduisant dans un livre. Pour nous émouvoir comme il l'a été lui-même par le spectacle de la vie, il doit la reproduire devant nos yeux avec une scrupuleuse ressemblance. (...) Si le romancier d'hier choisissait de raconter les crises de la vie, les états aigus de l'âme et du coeur, le romancier d'aujourd'hui écrit l'histoire du coeur, de l'âme à l'état normal. (...) Le réaliste, s'il est artiste, cherchera non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète et plus saisissante, plus probante que la réalité même. (...) Voilà pourquoi l'artiste ayant choisi son thème ne prendra dans cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails caractéristiques utiles à son sujet et il rejettera tout le reste, tout l'a côté. Faire vrai consiste donc à donner l'illusion complète du vrai, suivant la logique des faits, et non à les transcrire dans le pêle-mêle de leur succession.»

 

PLAN SUGGÉRÉ

  • le Réalisme.
  • Le Naturalisme par rapport au Réalisme.
  • Les limites du mouvement.